« Recoller les débris
de l’absolu »

(Sylvain Tesson)

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SOLEIL, DEVANT

Roman 2023, 318 pages (1ère édition 2009)

Finaliste du Prix Première de la RTBF
et du Prix Jean Muno

Découvrir plus...
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AUTEUR

Éric Brucher

Né à Louvain, romaniste de l’UCL (Université catholique de Louvain), je suis romancier, animateur de rencontres littéraires, librettiste, directeur de collection aux éditions du Sablon (Bruxelles).

La question est classique : pourquoi écrivez-vous ?

La réponse véritable et simple est : parce que j’aime ça. Et parce que, dans la langue (française), je me sens chez moi.

J’aime la formule de Henri Bauchau : « L’écriture travaille l’obscurité intérieure ». Je l’aime en ce qu’elle suggère que l’écriture, plongeant dans les profondeurs de l’expérience intime (de soi, de l’autre), cherche à en émerger pour se tendre vers la clarté, la lucidité, la lumière.

J’aime aussi la phrase de Léonard Cohen : « Le travail d’un artiste, c’est d’ouvrir le cœur des gens ». Écrire est toujours tenter un affranchissement de nos limites, douleurs, enfermements, étouffements ; c’est chercher à déployer de l’amour.

Il y a cette autre phrase, de Sylvain Tesson : « L’art : recoller les débris de l’absolu ». C’est peut-être cela qui caractérise le mieux mon travail. Mais double mouvement : à la fois ancré au sol, dans le concret et la réalité du monde, avec un souci très vif des éléments naturels ; et une aspiration vers l’ailleurs, des désirs d’envol, l’intuition vertigineuse d’un au-delà qui touche parfois à la spiritualité (ce beau mais grand mot !) : mes personnages de chair et d’os sont habités par un désir d’immensité, ou par quelque chose comme un grand désir de complétude originelle ou ultime.

Au fond, trois sentiments m’animent dans l’écriture : la colère, la mélancolie, l’émerveillement.

Et puis aussi, écrire pour partager – c’est une activité si solitaire. Échanger des questionnements, des réflexions, des émotions, des expériences, une forme d’énergie vivante…

Enfin, dire que les oiseaux sont un des grands amours de ma vie, tout comme le karaté.

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Éric Brucher
« Recoller les débris
de l’absolu »

 

(Sylvain Tesson)

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SOLEIL, DEVANT

Roman 2023, 318 pages (1ère édition 2009)

Finaliste du Prix Première de la RTBF et du Prix Jean Muno

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AUTEUR

Éric Brucher

Né à Louvain, romaniste de l’UCL (Université catholique de Louvain), je suis romancier, animateur de rencontres littéraires, librettiste, directeur de collection aux éditions du Sablon (Bruxelles).

La question est classique : pourquoi écrivez-vous ?

La réponse véritable et simple est : parce que j’aime ça. Et parce que, dans la langue (française), je me sens chez moi.

J’aime la formule de Henri Bauchau : « L’écriture travaille l’obscurité intérieure ». Je l’aime en ce qu’elle suggère que l’écriture, plongeant dans les profondeurs de l’expérience intime (de soi, de l’autre), cherche à en émerger pour se tendre vers la clarté, la lucidité, la lumière.

J’aime aussi la phrase de Léonard Cohen : « Le travail d’un artiste, c’est d’ouvrir le cœur des gens ». Écrire est toujours tenter un affranchissement de nos limites, douleurs, enfermements, étouffements ; c’est chercher à déployer de l’amour.

Il y a cette autre phrase, de Sylvain Tesson : « L’art : recoller les débris de l’absolu ». C’est peut-être cela qui caractérise le mieux mon travail. Mais double mouvement : à la fois ancré au sol, dans le concret et la réalité du monde, avec un souci très vif des éléments naturels ; et une aspiration vers l’ailleurs, des désirs d’envol, l’intuition vertigineuse d’un au-delà qui touche parfois à la spiritualité (ce beau mais grand mot !) : mes personnages de chair et d’os sont habités par un désir d’immensité, ou par quelque chose comme un grand désir de complétude originelle ou ultime.

Au fond, trois sentiments m’animent dans l’écriture : la colère, la mélancolie, l’émerveillement.

Et puis aussi, écrire pour partager – c’est une activité si solitaire. Échanger des questionnements, des réflexions, des émotions, des expériences, une forme d’énergie vivante…

Enfin, dire que les oiseaux sont un des grands amours de ma vie, tout comme le karaté.